Lutterbach, notre ville
Situation
Situation topographique
Longitude 47°17' N Latitude 7°17' E
Lutterbach se situe au débouché de la vallée de la Doller, en bordure du bassin potassique, à 6 km au nord-ouest de Mulhouse. Carrefour des voies communications ferroviaires et routières, elle fait partie des communes de la couronne mulhousienne. Son ban couvre 866 ha et intègre 281 ha de forêt : le Nonnenbruch.
Situation géographique
La position géographique de la plus grande partie du village est privilégiée par son implantation sur une colline longue de près de 4 km et orientée sud-ouest/nord-est qui se prolonge jusqu’à la limite de Pfastatt vers Mulhouse. Cette colline éolienne est la dernière éminence rencontrée en allant vers le nord, avant la plaine d’Alsace proprement dite. À son point culminant (altitude 260.6 m), on distingue la plaine, les chaînes des Vosges et de la Forêt Noire au Nord, le Jura sundgauvien au Sud. Par temps clair, nous y apercevons les Alpes bernoises.
Les données géologiques
Le massif vosgien et la Forêt Noire se caractérisent par un socle de roches anciennes cristallines (gneiss et granites) recouvert de grès et d’agglomérats plus récents, malmenés par les érosions et modelés par les glaciers.
La plaine d’Alsace est l’ancienne partie centrale de ces massifs, qui s’est effondrée le long d’une zone de faiblesses de l’écorce terrestre (failles). D’abord envahi par la mer, ce fossé a été remblayé au cours des millénaires par plusieurs milliers de mètres de dépôts qui renferment des gisements de potasse et de pétrole ainsi que le plus grand réservoir d’eau potable d’Europe.
Les collines sous vosgiennes et sous schwarzwaldiennes sont une zone tampon située à la charnière des deux domaines précédents. Une mosaïque de compartiments déplacés à la faveur des failles dessine des champs de fractures, origine des nombreuses sources d’eau minérale.
Actuellement les phénomènes géologiques se poursuivent. Les Vosges et la Forêt Noire continuent à se soulever, de plusieurs millimètres par an. La plaine d’Alsace poursuit son affaissement au rythme moyen d’un centimètre par siècle. Le réajustement des compartiments faillés provoque de temps en temps des tremblements de terre…
Au sud, notre ban est traversé par la Doller. La Thur passe au nord de la forêt du Nonnenbruch, en dehors de notre ban. Les terrains sont quaternaires, formés d’alluvions d’origine vosgienne, déposés par la Doller et la Thur.
La colline au centre de Lutterbach est recouverte par des sédiments apportés par le vent, constitués de loess récents et anciens. Ces poussières fines, argileuses et calcaires, datent de la période dite de « Würm ». Enfin, le long de la Doller, se sont déposées des alluvions du Quaternaire récentes, formées de sable, de graviers et de limons amenés par les crues de la rivière qui inonde alors une zone de prés. Au Nord du ban, la potasse a été exploitée, d’où quelques problèmes d’affaissement.
Les données climatiques et le réseau hydrographique
Lutterbach bénéficie d’un climat continental avec de forts écarts thermiques (20°). La pluviosité est modérée grâce à l’écran vosgien (730mm de moyenne annuelle). Les orages, autrefois très violents en été, semblent depuis la construction de l’A36, longer celle-ci et éviter le village. Le « ewer wind », vent du sud-ouest, canalisé par le couloir que forme la trouée de Belfort, nous épargne de la pollution atmosphérique mulhousienne. Le « neder wind », ou bise, accentue en hiver la sensation de froidure. Enfin, les Saints de glace (11, 12 et 13 mai) sont souvent redoutables pour les récoltes.
La Doller traverse notre commune, au sud. À partir de celle-ci, se forme le Dollerbaechlein qui lui-même, donne naissance au Bannwasser et au Runzbach. L’anecdote veut que l’on devenait un Lutterbachois authentique qu’à partir du moment où l’on était tombé au moins une fois dans ce cours d’eau. Celui-ci, recouvert en 1929 et sans doute aménagé de main d’homme, coule sous l’actuelle Rue du Général de Gaulle dans un canal souterrain voûté pour rejoindre le Bannwasser près du Foyer pour personnes âgées puis la Doller. S’y jette, près du lieu-dit « Damenloechlé », le Canal, affluent aux eaux très pures, qui prend sa source à deux kilomètres de là.
Au niveau de la basse terrasse de notre village, la nappe phréatique supérieure se situe entre 2 et 5 m de profondeur. Lors de pluies persistantes, il lui arrive d’affleurer. Une couche d’argile imperméable la sépare de la nappe profonde qui descend jusqu’à 17 m. C’est dans celle-ci que la ville de Mulhouse prélève une grande partie de son alimentation en eau. Celle-ci ne nécessitera aucun traitement.
L’environnement naturel
La forêt communale
L’environnement dit naturel a disparu depuis longtemps. Il a fait place à une gestion durable de la bio-diversité. Au nord-ouest, la potasse a fait pousser les terrils, le sel a appauvri le sol tout autour. Deux lignes ferroviaires la traversent, source de nombreux incendies au temps de la traction à vapeur. Quatre lignes à haute tension passent sur notre ban, l’une d’elles coupe la forêt.
Aujourd’hui sa pérennité est assurée en tenant compte de quatre facteurs influents : les affaissements miniers qui ont créé des parcelles inondables, zones humides d’un grand intérêt écologique ; la tempête de 1999 qui a touché de nombreux feuillus sur son passage ; la sécheresse de 2003 qui a fragilisé l’ensemble du massif et la construction d’une chaufferie « bois » pour la mairie et les écoles et qui nécessitera un prélèvement de 800 m3 de bois par an. Par ailleurs, le Nonnenbruch a été classée en forêt de protection environnementale.
La flore forestière
Dans le passé, forêt d’exploitation, elle répond aujourd’hui au besoin de calme et de verdure du citadin. Aussi, l’accueil du public a été favorisé par des pistes cyclables, de VTT, parcours sportif, panneaux d’information…L’accent a été mis sur la régénération naturelle avec des coupes de jardinage donnant une futaie irrégulière par bouquets. Le chêne domine (68 %), suivi par le charme (12%), le frêne (10 %), et vingt-six autres essences d’arbres ou arbustes. Les plus représentatives des plantes grimpantes sont le chèvrefeuille, le lierre et le houblon sauvage. Le tapis herbacé est varié et l’on y rencontre le crin végétal (le seegras) utilisé dans le temps pour rembourrer les matelas.
La flore des milieux humides se développe dans le Dollerbaechlein, vers le Baggerloch et dans le secteur du « Canal » et de la Doller.
La faune sauvage
La gestion de la chasse en place depuis une vingtaine d’années régule l’équilibre entre les espèces chassables, celles qui sont présentes et celles qui sont à protéger. Dans ce but, des parcelles de 15 ha chacune ont volontairement été soustraites à la pénétration par le promeneur. Ainsi grâce à une grande variété de biotopes, l’on rencontre aussi bien des mammifères (chevreuil, sanglier, martre, belette, hermine…), des oiseaux (36 espèces recensées), des reptiles, batraciens, poissons et avec un peu de chance on peut même observer le castor.
La pérennité de cette forêt est ainsi assurée par des plans adaptables avec des objectifs sur quinze à vingt ans.
Les ressources de notre environnement
Seules des exploitations sporadiques de graviers et de sables, à la suite et pendant les conflits mondiaux, ont eu lieu. La verrerie de Wildenstein a utilisé le loess. Il n’y a pas eu de carrière_ de lehm dans la commune même, en revanche celles de Pfastatt et de Bourtzwiller ont été très actives. Après les crues de 1947, des paillettes d’or ont été trouvées dans la Doller, mais ceci fait partie plus de l’anecdote que de la réalité économique.
Avec le choc pétrolier de 1974, des recherches du pétrole ont eu lieu sans résultats probants, et l’on a aussi envisagé la possibilité d’exploiter l’énergie géothermique. Mais l’importance des coûts de production amena l’agence française pour la maîtrise de l’énergie à mettre le dossier en sommeil.
Etymologie et armoiries
Les origines du nom de la commune
Lutterbach en 735, Lutrebach en 1207, Luterbach aux environs de 1301, Lauterbach en 1327, de nouveau Luterbach en 1441, Lüterbach au XVe siècle, Lüderpach en 1556, Loutterbach du XVIIe siècle jusqu’au début du XIXe ou Lauterbach entre le XVIIe et le XVIIIe siècle.
Le nom de Lutterbach viendrait de « Lauter Bach » ou « ruisseau clair ». Selon d’autres, le suffixe « ach » serait une survivance du « acum » gallo-romain. Plusieurs éléments plaident en faveur de cette thèse car les vestiges romains sont importants à Lutterbach.
D’après des recherches scientifiques très récentes en toponymie, le nom de Lutterbach serait plus ancien et remonterait à l’époque celtique.
Le radical Lutter dérive du gaulois
« lautron » signifiant bassin ou bain, suivi du suffixe bach.
Le premier document dans lequel le nom de Lutterbach apparaît date de 735. Il a été établi au monastère de Remiremont, la huitième année du règne de Thierry IV et fait état des donations d’Eberhard d’Eguisheim, duc d’Alsace et comte de Nordgau, co-fondateur de Murbach avec saint Pirmin. Cet acte en faveur de l’abbaye de Murbach cite les biens personnels que le comte Eberhard d’Eguisheim possédait à Lutterbach : la cour domaniale avec toutes ses dépendances, les biens à Morschwiller-le Bas et à Dornach. Précisons que cette dernière mention ne se rapporte pas à une création mais caractérise bien un groupe d’habitat bien structuré.
Dans notre localité, une famille noble qui portait le nom du village, est mentionnée de 1253 jusqu’au milieu du XIVe siècle. Les armoiries de cette famille noble, reconstituées d’après les sceaux qui figurent sur les actes, se lisent comme suit, la couleur des émaux étant malheureusement perdue : une clé de pal.
Il faut aussi noter la présence à partir du XVe siècle, d’une famille roturière, les « Von Lutterbach » à Mulhouse.
Les armoiries
Origine des armoiries
En 1696, un édit de Louis XIV institue une grande maîtrise, sorte de cour héraldique dont la mission était de rédiger un armorial général de la France en enregistrant, après vérification, les armoiries de toutes les personnes de la noblesse ou de la bourgeoisie et de toutes les collectivités, provinces, villes, villages, communautés religieuses, corporations…
Cette Maîtrise, présidée par M. d’Hozier, délivra aux intéressés des brevets sur lesquels figurait, en dehors du dessin colorié des blasons, la description détaillée de ces armoiries; ces brevets n’étaient délivrés que contre paiement d’une certaine taxe fixée selon le rang du demandeur. On demandait pour un particulier 20 livres, 100 livres pour une ville épiscopale, 50 livres pour un évêché ou les abbayes et 25 livres pour un village. En Alsace, l’enregistrement des armoiries, achevé en 1704, a rapporté 103 638 livres.
| La communauté de Lutterbach avait recours au XVIIe siècle, pour le scellement d’actes, au sceau du grand cellérier de Lucelle à Lutterbach. Les commissaires généraux chargés de l’établissement de l’armorial général transformèrent l’image figurant sur ce sceau : une Vierge à l’enfant Jésus, assise sur le toit d’une église, en armoiries de Lutterbach. Ce blason fut enregistré le 24 juillet 1699 sous le n°216, au deuxième registre de la maîtrise de Brisach, mais le village utilisa rarement cet emblème d’une complication peu héraldique. | ![]() |
Trois ou quatre clés
En 1790, la Constituante abolit les armoiries, Napoléon les rétablit et par ordonnance du 26 septembre 1814, Louis XVIII prescrivit que les villes et les villages de France dussent reprendre leurs anciennes armoiries. De toute façon, les habitants de Lutterbach prirent, dès le début du XIXe siècle, pour emblème trois clés posées en pal, le panneton haut. Ils s’inspiraient, mais en supprimant toutefois la clé du quart de gauche du haut de l’écu, des armoiries des nobles de Montjoie (Frohberg) représentées sur une pierre gravée du XVIIe siècle et qui était scellée au-dessus de la porte d’entrée de la cave de l’ancienne mairie. Cette pierre, récupérée par le menuisier Jacques Werlin lors de la construction de sa maison en 1904, est toujours conservée. Elle est visible sur la façade, entre les deux fenêtres du premier étage, de la maison N°34, rue Aristide Briand.
Au XVIIe siècle, le droit d’avouerie sur la cour domaniale de Lucelle dans notre village revenait aux nobles de Montjoie. Signalons qu’au XIXe siècle, les anciennes armoiries de Lutterbach (avec la Vierge à l’enfant Jésus) furent attribuées par erreur à la commune de Lautenbach. Même les armoiries aux trois clés furent souvent mal interprétées ou mal représentées. Les erreurs ont pu ainsi se perpétuer jusqu’à nos jours. Ainsi, la paroisse de Lutterbach avait toujours fait reproduire simultanément les anciennes et les nouvelles armoiries sur les bannières et attributs de la basilique.
Les armoiries officielles
La commission d’héraldique du Haut-Rhin se prononça, en 1979, pour la modification du blason actuel de Lutterbach comportant deux métaux. L’emploi de deux métaux - or et argent - n’est pas justifié en héraldique.
La bonne solution consiste à employer un métal et un émail (couleur). Cette commission proposa l’emploi d’argent et de gueules. Ces couleurs rappelleront celles qui figuraient sur une bande échiquetée de deux traits des anciennes armoiries de la localité. Une pierre borne, représentant une bande échiquetée et entourée des lettres L et B du nom de la localité, a été trouvée dans la commune, il y a une dizaine d’années et récupérée par un particulier. Pour la forme des clés, on s’est inspiré d’une grande clé, datant du XIIIe siècle, trouvée au cimetière du village il y a quelques décennies.
| La commission d’héraldique du Haut-Rhin a établi la description des armoiries de la manière suivante : « Ecartelé, au premier de gueules plain, au quatrième de gueules à la clé d’argent, le panneton haut tourné dextre, aux deuxième et troisième d’argent à la clé de gueule le panneton haut tourné à sénestre ». Ces armoiries ont été adoptées à l’unanimité par le Conseil Municipal en date du 10 octobre 1979. | ![]() |
Petit Historique
Le nom "Lutterbach" viendrait de l'allemand "lauter Bach" (ruisseau clair).
D'autres voient en "bach" la survivance du "-acum" gallo-romain. Car le site, une colline de loess, est déjà occupé à l'époque romaine. Une nécropole, un trésor monétaire ainsi que les vestiges d'une somptueuse villa ont été successivement découverts et témoignent de cette époque, où l'actuel village était traversé par une route romaine.
Comme toute l'Alsace, Lutterbach est touché par les différentes invasions du Moyen-âge, puis par la Guerre des Paysans (1525) à laquelle les Lutterbachois participent. Le village brûlé en représailles, les habitants vivent de longs mois réfugiés dans la forêt. La Guerre de Trente Ans apporte elle aussi son lot de souffrances et de destruction.
La colline, exposée plein Sud, permet la culture de la vigne, présente jusqu'à la fin du 19ème siècle. La légende fait également remonter à 1648 la création d'une brasserie, par les moines de Lucelle. Pendant quelques années, le village sert de résidence à Claude-Louis, Comte de Saint-Germain, futur ministre de la guerre du roi Louis XVI. Puis survient la Révolution, qui fait de Lutterbach un éphémère chef-lieu de canton (1790-1802).
La fin du XVIIIème siècle et le début du 19ème siècle voient le lieu s'industrialiser. Un peu partout dans et autour du village s'installent des usines textiles (impression- sur étoffe, teinturerie, blanchiment,...) liées à l'essor de la proche ville de Mulhouse. Parallèlement se développent les infrastructures: dès 1839, le ban communal est traversé par la ligne Mulhouse-Thann, première ligne ferroviaire d'Alsace. En 1841, c'est au tour de la ligne Strasbourg-Bâle, première ligne internationale au monde, de traverser la localité, dès lors placée au point de jonction entre ces deux axes majeurs.
Parmi les industries significatives, citons l'ancienne brasserie monacale, qui passe au stade industriel en 1861 et deviendra un établissement de premier plan entre les deux guerres, pour fermer définitivement ses portes en 1968. Signalons encore la Savonnerie de Lutterbach, en activité jusqu'en 1991.
Le village vit avec angoisse les heures sombres de la Première Guerre Mondiale, durant laquelle il se trouve à 8 kilomètres du front. Envahi par les activités militaires allemandes et régulièrement bombardé, il s'en faut de peu pour qu'il soit évacué.
A cette date, le village est sinistré à 96 %. Il faut de longues années pour le reconstruire et de nombreuses maisons anciennes à colombage ont irrémédiablement disparu. Aujourd'hui, l'ancien village est devenu une localité périurbaine, mais ses habitants préfèrent rester un grand village que devenir une petite ville.…
D'autres voient en "bach" la survivance du "-acum" gallo-romain. Car le site, une colline de loess, est déjà occupé à l'époque romaine. Une nécropole, un trésor monétaire ainsi que les vestiges d'une somptueuse villa ont été successivement découverts et témoignent de cette époque, où l'actuel village était traversé par une route romaine.
| Il faut attendre 735 pour trouver la première mention écrite de Lutterbach. Dès cette époque, il existe une église, sans doute un modeste sanctuaire de bois, qui sert d'église-mère aux villages environnants. Lutterbach est alors une cour colongère dépendant de l'abbaye de Murbach. Très endettée, cette dernière cède la localité en 1301 -1304 à l'abbaye cistercienne de Lucelle, dont elle dépendra jusqu'à la Révolution. | ![]() |
Comme toute l'Alsace, Lutterbach est touché par les différentes invasions du Moyen-âge, puis par la Guerre des Paysans (1525) à laquelle les Lutterbachois participent. Le village brûlé en représailles, les habitants vivent de longs mois réfugiés dans la forêt. La Guerre de Trente Ans apporte elle aussi son lot de souffrances et de destruction.
| L'agglomération se développe le long de deux axes principaux. D'une part l'ancienne route romaine (rue Aristide Briand) sur la colline et d'autre part l'actuelle rue du Général De Gaulle dans laquelle coulait le ruisseau du Runzbach, aujourd'hui souterrain. En plaine, on signale aussi un hameau disparu du nom de Kleindorf ou Klein Lutterbach. | ![]() |
La colline, exposée plein Sud, permet la culture de la vigne, présente jusqu'à la fin du 19ème siècle. La légende fait également remonter à 1648 la création d'une brasserie, par les moines de Lucelle. Pendant quelques années, le village sert de résidence à Claude-Louis, Comte de Saint-Germain, futur ministre de la guerre du roi Louis XVI. Puis survient la Révolution, qui fait de Lutterbach un éphémère chef-lieu de canton (1790-1802).
La fin du XVIIIème siècle et le début du 19ème siècle voient le lieu s'industrialiser. Un peu partout dans et autour du village s'installent des usines textiles (impression- sur étoffe, teinturerie, blanchiment,...) liées à l'essor de la proche ville de Mulhouse. Parallèlement se développent les infrastructures: dès 1839, le ban communal est traversé par la ligne Mulhouse-Thann, première ligne ferroviaire d'Alsace. En 1841, c'est au tour de la ligne Strasbourg-Bâle, première ligne internationale au monde, de traverser la localité, dès lors placée au point de jonction entre ces deux axes majeurs.
Parmi les industries significatives, citons l'ancienne brasserie monacale, qui passe au stade industriel en 1861 et deviendra un établissement de premier plan entre les deux guerres, pour fermer définitivement ses portes en 1968. Signalons encore la Savonnerie de Lutterbach, en activité jusqu'en 1991.
Le village vit avec angoisse les heures sombres de la Première Guerre Mondiale, durant laquelle il se trouve à 8 kilomètres du front. Envahi par les activités militaires allemandes et régulièrement bombardé, il s'en faut de peu pour qu'il soit évacué.
| Les mêmes scènes se reproduisent hélas en 1944-1945. A partir du 22 novembre 1944 et durant 9 semaines, les habitants se trouvent alors littéralement pris entre deux feux. Prés de 1800 d'entre eux se réfugient dans les caves voûtées de la brasserie où ils survivent dans des conditions atroces jusqu'à la Libération par la Première Armée Française, le 20 janvier 1945. | ![]() |
A cette date, le village est sinistré à 96 %. Il faut de longues années pour le reconstruire et de nombreuses maisons anciennes à colombage ont irrémédiablement disparu. Aujourd'hui, l'ancien village est devenu une localité périurbaine, mais ses habitants préfèrent rester un grand village que devenir une petite ville.…

Bâtiments et monuments remarquables
La Basilique du Sacré-Cœur qui est l'une des quatre Basiliques alsaciennes. Elle a été construite entre 1905-1907.
- Dans la chapelle de l'Agonie, sur la place:
Le Mont des oliviers, groupe de statues en bois sculpté vers 1920.
Le Monument aux morts de la guerre 1914-1918 avec statue de Jeanne-d'Arc. Œuvre de l'atelier de sculpture F.STUFFLESER (Tyrol italien) L'un des panneaux porte la liste des victimes civiles, l'autre le vœu fait par la paroisse en 1917
La Statue de saint Michel en grès rose, exécutée par KREIDER de Soultz en 1907.
- Au cimetière :
Devant la mairie se trouve un puits daté de 1569. Il a été acheté par la municipalité en 1987 pour remplacer un puits disparu.
La Brasserie, fabrique de bière de réputation mondiale du XVIIème siècle jusque dans les année 60, aujourd'hui brasserie artisanale et restaurant.
Statue érigée en 1865, suite à une souscription publique. Jadis, but de la procession du 15 août et de la fête du rosaire (seconde fête patronale de la paroisse)
Le moulin du XVIème qui se dresse sur le site de l'ancienne savonnerie fut d'abord moulin à huile avant de devenir, aujourd'hui, Centre d'Initiation à la Nature et à l'Environnement.
| - Autour de la Basilique : Le calvaire, sculpté par L.WAEDLE en 1870, et restauré par Joseph SAUR en 1988, fut offert à la commune par les époux Joseph MEYER et Catherine FIEG. La stèle fut érigée en 1967 en mémoire de Mgr Jean Julien WEBER, ancien évêque-archevêque de Strasbourg et enfant de Lutterbach. Un ancien puits communal de 1668, cédé à un particulier de Dornach vers 1904 et revenu à Lutterbach suite à un don des époux MUNZENBERGER en août 1999. Les fondations de l'ancienne chapelle-ossuaire du XVIIème siècle, dégagées en 1989, suite à des sondages archéologiques. En montant vers la Chapelle de l'Agonie, une collection de Pierre-bornes du XVIII au XXème siècle | ![]() |
- Dans la chapelle de l'Agonie, sur la place:
Le Mont des oliviers, groupe de statues en bois sculpté vers 1920.
Le Monument aux morts de la guerre 1914-1918 avec statue de Jeanne-d'Arc. Œuvre de l'atelier de sculpture F.STUFFLESER (Tyrol italien) L'un des panneaux porte la liste des victimes civiles, l'autre le vœu fait par la paroisse en 1917
La Statue de saint Michel en grès rose, exécutée par KREIDER de Soultz en 1907.
- Au cimetière :
A l'entrée du cimetière, le "Monument à la vie", œuvre du sculpteur Claude BONNOT en 1980.
L'ancienne croix sommitale en fer forgé provient du clocher de l'ancienne église Saint Martin démolie en 1905, est placée à l'intérieur du cimetière. C'est un serrurier local, Joseph HERMANN, qui l'exécuta en 1796.
L'ancienne croix sommitale en fer forgé provient du clocher de l'ancienne église Saint Martin démolie en 1905, est placée à l'intérieur du cimetière. C'est un serrurier local, Joseph HERMANN, qui l'exécuta en 1796.
Devant la mairie se trouve un puits daté de 1569. Il a été acheté par la municipalité en 1987 pour remplacer un puits disparu.
![]() | La statue de saint Jean Népomucène, datée de 1744, se dressait à l'origine à côté d'un pont disparu du Runzbach au carrefour du platane. Ce saint est invoqué contre les inondations. Cette statue est placée actuellement à l'angle des rues Saint-Jean et Aristide Briand. |
| Le platane bi-centenaire est un ancien point trigonométrique. Il se situait jadis à l'intérieur du périmètre de l'ancienne brasserie. Il fait 20 mètres de hauteur et 5,30m de circonférence. | ![]() |
![]() | Se trouvant actuellement au 34 rue Aristide Briand une pierre armoriée de la famille noble de Montjoie du XVIIème siècle provient de l'ancienne mairie. |
La Brasserie, fabrique de bière de réputation mondiale du XVIIème siècle jusque dans les année 60, aujourd'hui brasserie artisanale et restaurant.
Statue érigée en 1865, suite à une souscription publique. Jadis, but de la procession du 15 août et de la fête du rosaire (seconde fête patronale de la paroisse)
Le moulin du XVIème qui se dresse sur le site de l'ancienne savonnerie fut d'abord moulin à huile avant de devenir, aujourd'hui, Centre d'Initiation à la Nature et à l'Environnement.
Lutterbachois célèbres
François Antoine STRUCH (1791-1856)
Enfant illustre de notre cité, François Antoine Struch né le 24 novembre 1791 à Lutterbach est le fils d’Eugène Antoine Struch et de son épouse Anne-Marie Waelterle de Heimsbrunn.
Eugène Antoine Struch
Cultivateur, aubergiste et propriétaire de la « Demi-Lune » à Lutterbach, il était aussi concessionnaire de mines et meunier. Il était également le premier maire de Lutterbach en 1790, puis de 1800 jusqu’à son décès en 1816. À la Révolution, il devint propriétaire de nombreux domaines. La brasserie monacale de l’abbaye de Lucelle à Lutterbach, vendue comme bien national à la Révolution, devint la propriété de la famille Struch qui l’exploita jusqu’en 1860.
François Antoine Struch fut le plus illustre brasseur de cette famille. C’est son neveu Camille Struch qui restructura la brasserie du type artisanal en une brasserie industrielle. Eugène Antoine a aussi acquis, entre autres, le moulin de la Frohnmühle (actuel Ciné du Moulin), le couvent de l’Oelenberg et le château de Morschwiller le Bas où il résida un certain temps avec sa famille.
François Antoine se maria avec Adélaïde Emilie Joséphine Elisabeth Werner de Turckheim, fille de Georges Louis Pierre, avocat, conseiller d’arrondissement et de Marie-Claire Elisabeth Françoise Emilie Reinist. Après son mariage, il résida à Lutterbach. Le couple n’eut pas d’enfant, mais il affectionna ses neveux et nièces. Antoine Struch aimait aussi son entourage. Il devint parrain de Charles Grad de Turckheim, le protecteur de l’illustre artiste peintre Jean-Jacques Henner. Tout en étant exploitant agricole et propriétaire de la brasserie de Lutterbach, il devint un homme politique de grande envergure.
Sous la Monarchie de Juillet 1830, il entra dans l’opposition avec Nicolas Koechlin et Voyer d’Argençon afin de continuer à défendre avec vigueur l’économie de l’Alsace. En 1839, il se présenta à la députation dans l’arrondissement de Belfort. Puis de 1846 à 1848, il fut président inamovible du Conseil Général du Haut-Rhin. En 1848, il devint, pour une courte durée, commissaire provisoire du gouvernement. Il fut élu à la Constituante presque à l’unanimité. Il revendiqua une plus grande autonomie pour les départements et les communes face à l’autorité centrale. Il était aussi Chevalier de la Légion d’Honneur. Après le coup d’état du 2 décembre, il accepta de prêter serment au Prince Président de la République Française. Il fut maire de Lutterbach du 4 septembre 1837 jusqu’à son décès le 25 juillet 1856. On peut voir sa tombe au cimetière de Lutterbach.
Jean-Jacques SCHERRER (1855-1916)
![]() | Personne ne s’est encore penché sur la vie et l’œuvre de ce peintre alsacien qui a quitté son pays natal après le traité de Francfort en 1871. Il n’était pas aussi célèbre que son illustre compatriote, Jean-Jacques Henner. Pourtant, il avait atteint, de son vivant, une certaine notoriété. |
Sa vie
Peintre oublié, Jean-Jacques Scherrer est né le 29 septembre 1855. Il est le fils du moleteur Jérémie Théodore Scherrer et de Barbe Stadler. La mort prématurée de son père qui travaillait dans une ville d’Espagne, obligea sa mère, qui avait à sa charge ses quatre enfants, à rentrer au pays.
Confié à des parents à Mulhouse, après sa scolarité, il travailla comme apprenti à l’usine Haeffely de Pfastatt. L’un des directeurs de l’entreprise découvrit ses talents pour le dessin, il l’encouragea dans cette voie. Vers 1875, il partit pour Paris afin de se perfectionner. Il entra dans l’atelier du maître de la statuaire Cavelier qui lui conseilla d’entrer dans celui du peintre académique Cabanel, ce qu’il réalisa. En même temps, il alla étudier chez Félix Barrias auquel il voua une affection profonde. Il fut aussi en relation avec de nombreux peintres alsaciens qui vivaient à Paris, en particulier Jean-Jacques Henner.
Il débuta sa carrière au Salon de Paris en 1877 à l’âge de 22 ans. Il obtint en 1881 une mention honorable pour « L’assassinat du maréchal Brune ». En 1877, il était devenu sociétaire de la société des artistes français et obtint au salon une médaille de 3e classe pour la toile « Jeanne d’Arc victorieuse des Anglais rentre à Orléans ». Cette peinture est la plus connue, elle illustre de nombreux livres d’histoire et des ouvrages scolaires. Restaurée en 1989, elle fut exposée à Berlin en 1998 et à Rouen en 2003.
À l’exposition universelle de 1889, il obtint une médaille de bronze pour sa toile « Isabeau de Bavière » et une médaille de 2e classe au salon de 1892 pour « Charlotte Corday à Caen », il était hors concours aux salons suivants.
Il vécut son heure de gloire à l’Exposition universelle de 1900, où il décora le pavillon de la Manufacture Nationale des Tabacs français. Cette œuvre a été très remarquée et lui a valu une médaille d’or et la croix de Chevalier de la Légion d’Honneur. Il était alors âgé de 46 ans. Dans notre province, il exposa très souvent à Mulhouse et à Strasbourg.
Dans les années 1880, il épousa Mathilde Haquette, elle-même peintre et ancienne élève de la manufacture de Sèvres. Ils eurent deux enfants. La mort en mer de son fils, Jean, l’affecta beaucoup.
Le succès parisien de J.J. Scherrer ne lui fit pas oublier l’Alsace. Il fréquenta la communauté des artistes alsaciens expatriés (dont J.J. Henner) et il passa plusieurs fois ses vacances à Lutterbach.
Son œuvre
Aujourd’hui, ses œuvres sont visibles dans de nombreux musées de France, l’une d’elles a même voyagé jusqu’à Montréal. « L’entrée de Jeanne d’Arc à Orléans » est exposée à Orléans, « Une scène au temple » à Colmar.
Au musée de Mulhouse se trouvaient trois toiles. Dans le grand salon de l’hôtel de ville de Vaucouleurs, on peut voir « Le départ de Jeanne d’Arc de Vaucouleurs ». D’autres mairies possèdent également les peintures « Rouget de l’Isle chantant la Marseillaise » (Choisy-le Roi), « 1er mariage civil » et « Franchises communales » (Sens). La Société industrielle de Mulhouse possède deux portraits.
La basilique du Sacré-Cœur de Lutterbach possède de lui une « Résurrection du fils de la veuve de Naïm » et l’on peut également y voir des toiles marouflées « Les quatorze stations de chemin de croix » dans la nef centrale, « La Sainte Cène » et « Le Christ au Mont des Oliviers » dans le transept. La paroisse possède encore un don de J.J. Scherrer, « Marie-Madeleine ». Ce tableau a été restauré et remis en valeur en 1981. Il est actuellement visible dans la crypte de la basilique. Cependant la Mairie de Lutterbach ne possède aucune de ses œuvres.
Tour à tour paysagiste, portraitiste, peintre de genre et surtout peintre d’histoire, J.J. Scherrer a disparu prématurément à Paris le 17 mai 1916 à l’âge de 61 ans.
Victor SCHMIDT (1881-1966)
Poète lyrique, auteur dramatique dialectal, compositeur, Victor Schmidt est né à Lutterbach le 25 février 1881. Il était le fils de Jean-Baptiste Schmidt, marchand de vin et de Marie Anne Laverny, originaire de Bordeaux. Lorsqu’il fut âgé de six semaines, ses parents déménagèrent à Thann où il passa son enfance et son adolescence. Il se maria le 12 mai 1914 à Mulhouse avec Emma Fies, née à Mulhouse. Ils eurent une fille.
Il apprit le métier de dessinateur textile à l’école professionnelle supérieure de Thann. Il travailla à Mulhouse comme tel ; le musée de l’impression sur étoffes à Mulhouse conserve quelques-unes de ses créations.
En 1904, il s’installa à Paris pour se perfectionner dans le dessin d’impression à l’atelier Guérin. Il profita de son séjour dans la capitale pour étudier la flûte, le piano, le contrepoint et la composition, pour améliorer son français et apprendre la technique dramatique en fréquentant différents théâtres.
En 1914, il s’établit définitivement à Mulhouse. La guerre éclata, le textile n’offrait plus de débouchés. Victor Schmidt entra alors dans l’administration municipale.
Victor Schmidt fut d’abord un poète lyrique qui puisa l’inspiration dans sa ville de Thann, son histoire, ses paysages, ses habitants, son âme. Il écrivit de nombreux poèmes en dialecte, en allemand et en français. Il publia ses premiers poèmes en dialecte dans la presse, puis il les réunit dans les ouvrages intitulés « Kornbluema, Margrittle un Coquelicots, Geranium » (1920), « Kappezinerle » (1928), « Pfingstnagele » (1930) et « Spitzewadri » (1953) dans lequel il réunit des œuvres de jeunesse publiées avant 1900 sous divers pseudonymes. En 1939, parut l’édition complète de « Geranium », englobant les poésies des recueils précédents plus une dizaine de poèmes inédits. Ce beau volume fut réédité en 1947.
Il composa également de nombreuses chansons, paroles et musique. Elles parurent notamment sous le nom de « Klang üs’m Elsass » avec partition pour piano. La plus célèbre « S’Heimweh » fut composée en 1948. L’Alsace entière s’en empara et elle devint un succès international auprès des Alsaciens de tous les pays du monde. On lui doit aussi des chœurs d’hommes : « Im Wald », « S’Thanner Minschter », un solo de violoncelle, « Angélus d’Alsace », des fantaisies pour piano comme « La vieille horloge », « Hymne à la ville de Mulhouse », etc.
Le nom de Victor Schmidt est étroitement lié à l’histoire du Théâtre alsacien de Mulhouse où ses œuvres dramatiques furent jouées la première fois avant de partir pour les scènes de Bâle, de Zurich et même de Paris.
Son œuvre théâtrale, volumineuse et diversifiée, comprend essentiellement deux genres : des contes de Noël et des comédies ou farces. Sa première pièce, une farce, « Dr Erscht April », écrite pendant la guerre de 1914-1918 fut montée à Mulhouse le 09.05.1919. Elle fut suivie par « D’r Schaeffer Mathis », « Fiessinger et Cie » qui eut un succès retentissant en 1922, « D’r Wi, d’Fraüe un d’Wohret » (1937), « S’Musikante Lorele » (1938), une pièce légendaire dans laquelle il exprimait son attachement à la ville de Thann et qui fut mise en musique par Madeleine Will et bien d’autres encore.
Avec ses causeries sur la presse, le bonheur, l’amour, l’humour, le théâtre et ses pièces radiophoniques, Victor Schmidt passait régulièrement sur les antennes de Radio Strasbourg et de Radio Bâle. En 1961, pour le 8e centenaire de la ville de Thann, parut le conte radiophonique « Le pilier de la Madone ».
Victor Schmidt collabora de longues années au journal « Mülhauser Tagblatt » et dirigea la rédaction de l’almanach « Der Hüsfrind » qui fut baptisé plus tard « Almanach de l’Alsace et des Marches de l’Est ».
En 1937, il fonda avec d’autres poètes le groupe « Quodlibet Mulhouse » qui publia en 1939 son unique numéro « S’Fanster uf ».
Le 2 février 1963, Victor Schmidt a été chaleureusement accueilli dans son village natal. Lors d’une représentation théâtrale au foyer paroissial, le TAM interpréta la comédie « D’r Wi, d’Fraüe un d’Wohret » (le vin, les femmes et la vérité). Ce fut l’occasion pour son village natal de rendre un très bel hommage à l’un des fils illustres de notre cité » (cf. programme du Théâtre Alsacien de Lutterbach, saison 2003).
Cet artiste éclectique a aussi pratiqué la peinture avec bonheur. Il a été décoré de la croix du Commandeur du Mérite National français en 1961. Il s’est éteint à Mulhouse le 4 octobre 1966.
Monseigneur Jean-Julien WEBER (1888-1981)
Mgr Jean-Julien Weber, ancien évêque de Strasbourg, est sans nul doute le plus célèbre des enfants de Lutterbach. Mais qui était-il vraiment ? « Du 29 août 1945 au 31 décembre 1966, il a été le pasteur et le guide du diocèse. Ce fut un évêque très populaire et profondément aimé. Ce fut un homme de conviction plein de bon sens et de réalisme, estimé pour son invincible droiture, sa merveilleuse fidélité, sa grande et souriante simplicité. Mgr Weber a beaucoup aimé et compris l’Alsace. Tout le monde a pu constater à quel point Mgr Weber a toujours eu à cœur de développer en Alsace le respect mutuel et l’amitié sincère entre les diverses confessions religieuses. » (Léon Arthur Elchinger, ancien évêque de Strasbourg)
Évoquons maintenant la longue vie rayonnante et l’activité féconde de ce fils illustre de notre cité.
J.J. Weber est né le 13 février 1888 à Lutterbach au N°28 de la rue Principale. Il était le premier de quatre enfants. Son père Albert Weber, officier français à la retraite, était originaire de Sausheim. Sa mère, Marie Hurler, était native de Lutterbach.
De 4 à 6 ans, il fut l’élève de l’école maternelle tenue par les sœurs de Ribeauvillé, puis de l’école de garçons du village. En vue des études secondaires, il fut initié par le vicaire de la paroisse, l’abbé Justin Ziegler. Il poursuivit ses études secondaires à Besançon au collège catholique Saint-François-Xavier, tenu par les Eudistes. Le 1er juin 1899, il y fit sa première communion. Il a été confirmé l’année suivante. Après la fermeture du collège, il est parti au collège Sainte Marie tenu par les Marianistes de 1901 à 1905. Il garda un très bon souvenir de cette période malgré la sécularisation du collège et la mort de son père. En 1905, il n’a pu entrer au séminaire de Strasbourg en raison de sa nationalité. Il a alors opté pour Saint Sulpice à Issy-les Moulineaux. Il fut, le 7 juin 1912, le premier des sept prêtres Lutterbachois ordonnés au XX è siècle. Sa première messe solennelle dans l’église de sa paroisse d’origine, le 7 juillet, marqua une journée de grande joie.
De 1913 à 1914, il suivit des études spécialisées d’exégèse à l’Institut Biblique de Rome où il obtint le doctorat en théologie. En août 1914, il rejoignit Besançon où il fut mobilisé. Il fit la guerre successivement comme sous-lieutenant, lieutenant, puis capitaine. Il fut appelé à combattre sur tout le front français. Blessé à trois reprises, il fut démobilisé en 1919 avec 4 citations et la croix de Chevalier de la Légion d’Honneur. Plus tard élevé au rang de Commandeur.
De 1919 à 1926, il fut directeur au séminaire d’Issy-les-Moulineaux, puis Supérieur du Séminaire de philosophie, toujours à Issy-les Moulineaux, de 1926 à 1942. Il y enseigna la philosophie jusqu’en 1939. En 1937, il a célébré ses vingt-cinq ans de sacerdoce en présence du cardinal Verdier.
Réserviste de l’armée avec le grade de commandant, il fut mobilisé en 1939 durant 11 mois. Replié le 14 juin 1940 à Villeneuve-sur-Lot, il fut démobilisé le 31 juillet de la même année. Pendant qu’il était en service dans l’armée française, sa mère mourut le 21 janvier 1940, chez un de ses camarades de régiment qui avait bien voulu la recevoir pendant que Lutterbach était occupée par l’armée allemande. Ce ne fut qu’en 1947 que le corps de sa mère a été inhumé dans la tombe familiale.
En 1942, il devint Supérieur du Grand Séminaire Saint-Sulpice de Paris jusqu’en 1945. Son ascension continua en 1945 avec sa nomination en tant qu’évêque coadjuteur de Strasbourg avec droit de future succession. Au décès de Mgr Ruch, Mgr Weber fut intronisé au siège épiscopal de Strasbourg le 13 septembre 1945 pour y demeurer jusqu’à la fin de l’année 1966.
Le 7 octobre 1945, à la fête du Saint Rosaire, il vint pour la première fois en tant qu’évêque de Strasbourg dans son village natal pour présider la deuxième fête patronale de la paroisse. A partir de cette date, il commença son épiscopat par la visite des villages les plus sinistrés de son diocèse. Il se dépensait sans compter pour les aider à se relever des ruines matérielles.
En 1946, il s’attacha activement à la reconstruction. Pendant son épiscopat, il a consacré 39 églises nouvelles. En créant un office diocésain de pastorale liturgique, il fit tout pour promouvoir le renouveau liturgique qui fut l’une des caractéristiques de son épiscopat. Il a investi des sommes considérables dans la modernisation et l’agrandissement des collèges épiscopaux.
De 1962 à 1965, Mgr Weber prit une part active aux cessions du Concile du Vatican. En 1967, il fut nommé membre de la commission pontificale de la « Néo Vulgate». Le 27 janvier 1967, il quitta définitivement Strasbourg, siège épiscopal qu’il a occupé pendant vingt-deux ans. Il se retira chez les sœurs de la Divine Providence à Ribeauvillé. Mais il resta actif dans une retraite « priante et studieuse ». Le 13 février 1981, le jour même de son 93è anniversaire, il s’est éteint paisiblement et en pleine lucidité au couvent de Ribeauvillé. Il a été inhumé le 20 février 1981 au cimetière du couvent.
Ses nombreux titres honorifiques (citoyen d’Honneur de Lutterbach le 4 novembre 1956, Commandeur de la Légion d’Honneur le 11 août 1958, Assistant au trône pontifical le 30 avril 1958) ne lui ont jamais fait oublier son village natal où il aimait à revenir de temps en temps, restant en contact avec la population. Lutterbach avait le bonheur et le privilège de l’accueillir officiellement en de très nombreuses circonstances.
Les anciens se souviennent l’avoir rencontré à l’occasion de diverses festivités et cérémonies. Une des toutes dernières était en 1980, alors qu’il avait 92 ans, pour la célébration du 35è anniversaire de la libération de la commune.
Eugène Lacaque
S'il est une personne que l'on peut associer à l'histoire postale, c'est Eugène LACAQUE. Ce graveur exceptionnel, passé maître dans l'art de graver les timbres, est né à Lutterbach le 11 février 1914.
Après avoir obtenu un CAP de graveur textile, il travaille dans différentes entreprises et finit par créer la sienne en 1947. L'Entreprise LACAQUE Frères, installée à Mulhouse, grave alors principalement des rouleaux destinés à l'Imprimerie sur Textile.
Ce n'est qu'en 1968, après de longues années de patience, qu' Eugène LACAQUE parvient à se faire agréer par l'Administration des Postes, devenant ainsi le premier graveur de timbres provincial.
Depuis lors, Eugène LACAQUE, trois fois Meilleur Ouvrier de France et titulaire de nombreux prix nationaux et internationaux, a gravé plus de 500 timbres pour la France bien entendu, mais également pour la plupart des pays francophones: Dahomey, Monaco, Mali, Niger, Cameroun, Cambodge, Laos ...
Aujourd'hui, la finesse et la précision de ses oeuvres en font un artiste de renommée internationale.
Personnalités
Auguste Lalance
Auguste LALANCE est né le 1er Septembre 1830 à Ronchamp; fils d'industriel, il rentre en 1845 après ses études, aux ateliers de son oncle André KOECHLIN (future S.A.C.M.). Il y gravit les échelons hiérarchiques jusqu'à occuper un poste important qui le conduira dans toute l'Europe. En 1855 il donne sa démission et s'embarque pour l'Angleterre afin d'y fonder sa propre entreprise. A nouveau il entreprend beaucoup de voyages et s'établira même en Russie de 1857 à 1868.
C'est à son retour en Alsace en 1868 qu'il épouse Amélie WEISS, fille du chimiste Georges WEISS, et en 1870 s'associe à Henry HAEFFELY et Gustave SCHAEFFER dans l'Etablissement d'Impression, de Teinture et de Blanchiment de Pfastatt.
Au cours de cette période mulhousienne, Auguste LALANCE ne se consacre pas uniquement à la direction de son entreprise. Il devient en 1878 Vice-Président de la Société Industrielle, fonde le Cercle Mulhousien, participe aux activités du Jardin Zoologique et de l'Ecole de Chimie, et se trouve à l'origine de la réalisation de la ligne de chemin de fer de ceinture entre Lutterbach et le nouveau bassin. Il est également le promoteur de l'installation à Mulhouse de la deuxième liaison téléphonique d'Allemagne.
L'annexion le pousse à s'engager dans la vie politique en tant que protestataire au Reich. Il est même élu au Reichstag en 1887 avec 17000 voix sur 20000 votants. Mais cette élection multiplie les pressions et les menaces de l'administration allemande à son encontre. Il s'établit donc à Paris où il se voit confier des travaux par la S.A.C.M. C'est là qu'il rencontre Paul FRIESE, architecte d'origine strasbourgeoise, qui établira les plans du futur sanatorium. Il se consacre également à de nombreuses initiatives à caractère social et poursuit sa carrière politique à travers la publication de brochures dans lesquelles il vante les bénéfices d'un rapprochement franco-allemand.
Ce n'est qu'en 1910 qu'Auguste LALANCE revient s'établir à Mulhouse où il se consacre principalement aux fondations qu'il a créées en 1901 et 1903: l'Union Home vouée au logement social et le Sanatorium LALANCE.
Pendant la première guerre mondiale il s'exile à Divonne-les-Bains (Ain) et revient à Mulhouse à la fin des hostilités pour y décéder peu après, le 7 Avril 1920.
Théodore Boch
Théodore BOCH est né à Strasbourg en 1844, dernier d'une longue lignée de brasseurs. Il fit ses études au Gymnase protestant, puis, désirant suivre la carrière de son père et de ses ancêtres depuis trois siècles, il entreprit une série de voyages à l'étranger. Il travailla comme ouvrier, suivant les bonnes traditions du métier. Il entra dans les grandes brasseries de Munich, de Pilsen, avant de revenir dans sa ville natale chez son grand-père maternel, M. SCHMIDT, à la brasserie de la "Tête Noire", puis il rejoint son père qui avait fondé une nouvelle brasserie à Montrouge près de Paris en 1852. En 1870, il épousa Melle Jenny CHAMBAUD de Paris.
Après cinq années de pratique effective dans la brasserie paternelle, il fonda en 1870 la brasserie de Lutterbach qu'il conduisit jusqu'à sa mort. Le 23 février 1876 il entra à la Société Industrielle de Mulhouse; élu vice-président en avril 1899, il occupa ces fonctions jusqu'à sa fin. En 1894, il entra à la Chambre de Commerce de Mulhouse et en devint le président durant les trois années précédant sa mort.
Nous lui devons un certain nombre de travaux importants. Mentionnons son "Mémoire sur les perfectionnements introduits dans la brasserie de Lutterbach", dans Bulletin de la Société Industrielle de Mulhouse, 1895, p. 23-25.
D'abord élu conseiller d'arrondissement, il est nommé au Conseil Général en 1882. Puis il se présente en février 1890 en tant que représentant des industriels à la députation au Reichstag mais il subit un échec contre le candidat social-démocrate. Sa candidature faisait suite à la fuite en France du député protestataire Auguste LALANCE, déféré aux tribunaux pour sa profession de foi.
Théodore BOCH meurt le 9 septembre 1913 à la suite d'une longue maladie et est inhumé au cimetière protestant de Mulhouse. Ses ultimes paroles furent: "Toujours garder intact le renom de la maison!".
Sa tombe n'existe plus. Depuis 1976, une rue sur le site de l'ancienne brasserie de Lutterbach perpétue le souvenir de ce grand industriel:
Rue Théodore BOCH (1844-1913)
Brasseur. Philantrope.
LES MAIRES DE LUTTERBACH DEPUIS 1790
1790 : Eugène Antoine STRUCH
1790-1792 : Jean Georges BURGART
1792-1794 : Antoine BRANDENBURGER
1794-1816 : Eugène Antoine STRUCH
1816 : Grégoire NACHBAUER
3 septembre 1830 : Jean EGLEN
Octobre à décembre 1831 : Laurent KLEINRICHERT
28 décembre 1831 : François SCHERRER
4 septembre 1837 : Antoine STRUCH
26 septembre 1840 : Antoine STRUCH
9 octobre 1846 : Antoine STRUCH
9 mai 1849 : Antoine STRUCH
26 août 1856 : Pierre WEBER
12 août 1860 : François-Joseph STADTLER
20 octobre 1870 : Joseph BURGARD
juillet l872 au 22.10.1873 : Antoine SCHWEBLEN
1873-1876 : François BURNER
1876-1884 : Laurent GANZER
1884-avril 1895 : Joseph NACHBAUER
Août 1895-4 mars 1896 : Victor Quirin SPONY
24 juillet 1896: Jacques GUTZWILLER
1896-1898 : Joseph EGLEN
1er juillet 1900 : Jean LIENEMANN
18 janvier I914 : Alphonse SCHULTZ
18 février 1919- 19 novembre 1919 : Joseph BIERME
10 Décembre 1919 - 1926 : Achille LIECHTY
Décembre 1926 - 1939: Jean BITSCH
Octobre 1939 – 1942 : Eugène FORNY - maire provisoire suite à la maladie de M.BITSCH
1942 – 1943 : Nicolas SICK (intérim)
Août- Novembre 1944 : Georges HUBER, non domicilié dans la commune et désigné par le parti nazi (NSDAP)
Novembre 1944 – Janvier 1945 : Pendant la période de Libération, l' Ortskommandatur, le commandant de la Place, a désigné Nicolas SICK puis Albert BAUMGARTNER comme maires
1945 - 1953: Nicolas SICK
1953 - 1977 : Marcel BAUMGARTNER
1977 - 2001: Roger WINTERHALTER
Depuis 2001: André CLAD










